Mon conseil : avant d’annoncer à votre conjoint que vous le quittez, préparez vos arrières. A ce sujet, vous pouvez consulter notre article précédent. Dès que cela sera fait, continuez à adopter des mesures de prudence, surtout s’il s’est montré violent avec vous et/ou avec vos enfants par le passé.

Deux règles de base sont à respecter : ne pas parler en présence des enfants et choisir un endroit public où vous allez donner rendez-vous à l’homme (de préférence un café sympa avec du monde autour de vous).

J’ai peur de SES réactions

Tout d’abord, si vous avez respecté la règle n°2 qui est de fixer les rencontres soit dans un lieu public soit chez un.e psychologue ou un médiateur si la relation est encore compliquée, l’homme ne devrait pas démarrer au quart de tour dès qu’il se sent titillé. Se faire quitter peut parfois porter atteinte à l’amour-propre. Les réactions peuvent donc être très « émotionnelles » : soit dans les (vrais ou faux) pleurs, soit dans la colère. S’il s’appesantit sur son sort et tente de vous culpabiliser, ne vous laissez pas déstabiliser. Si vous vous trouvez dans un lieu public, vous éviterez que l’autre ne hausse le ton ou s’en prenne physiquement à vous devant témoins.

Veillez également à ne pas vous montrer trop empathique vis-à-vis de lui. Ayez toujours en tête votre propre intérêt et non le sien. N’oubliez pas non plus qu’il y a peu de chances qu’il change son comportement si vous décidez de céder à ses menaces, ses supplications, ses demandes de pardon ou autres promesses. Et n’hésitez pas à lui dire « NON ! » en utilisant les techniques de CNV (Communication non violente) et d’affirmation de soi que vous aurez apprises avec votre psychologue.

Attention : pour les mêmes raisons que celles que j’ai évoquées plus haut, je vous conseille également fortement de demander au Juge, par l’intermédiaire de votre avocat.e, d’indiquer dans le jugement des dates et lieux fixes pour les jours où les enfants seront conduits par vous chez (ou plutôt vers) l’autre parent et inversément. Les lieux peuvent être publics : le Quick du coin, le parc bondé le dimanche etc. Vous pouvez aussi demander de pouvoir aller chercher vos enfants à l’école (idem pour le père). De cette manière vous évitez carrément de devoir affronter les sarcasmes ou même le regard de l’homme. Mais alors pas question de demander à l’enfant d’amener un sac avec ses affaires à l’école. Il devra tout avoir en double. Sauf le doudou. Quoique, il peut avoir deux doudous. Dans tous les cas, évitez le domicile de l’un comme de l’autre. Cela vous évitera une série de faux malentendus ou prétextes que Monsieur pourrait encore utiliser pour s’en prendre à vous. Mieux vaut prévenir que guérir !

J’ai peur de MES réactions

Ne vous inquiétez pas : avoir des craintes est tout à fait normal. Mais essayez de ne pas procrastiner juste parce que vous avez peur. Faites à nouveau la part des choses entre vos peurs rationnelles et irrationnelles.

  • Les peurs rationnelles, c’est-à-dire celles qui ont une raison d’être, sont par exemple : la peur de manquer d’argent (si vous n’obtenez pas de pension alimentaire pour vous-même ou pour vos enfants, si vous n’arrivez pas à faire face aux charges de la maison etc.) ; la peur de manquer à vos enfants ou qu’ils vous manquent lorsqu’ils seront chez leur père ; la peur qu’il les prenne à témoin au sujet de votre conflit (si cela s’est déjà produit) etc.
  • Les peurs irrationnelles, c’est-à-dire celles qui sont plus ou moins facilement résolvables, sont par exemple : la peur d’être seule (mieux vaut être seule que mal accompagnée ; se faire des amis et rencontrer un homme bien est à la portée de tout le monde) ; la peur qu’il vous manque (votre psychologue peut vous aider à sortir de la dépendance affective) ; la peur qu’il vous manipule à nouveau (vous pouvez aisément apprendre à contre-manipuler ou jouer les belles indifférentes) etc.

Mais rassurez-vous : il est également possible de gérer les peurs qui sont rationnelles et raisonnables. Ainsi, votre psychologue pourra vous aider à parler à vos enfants et instaurer avec eux des petits rituels même en votre absence. Par exemple pour les enfants qui sont encore petits, leur dire juste avant qu’ils ne partent chez leur père : « Au moment où tu te coucheras tu sauras que je pense à toi exactement en même temps que tu penseras à moi ! Tu penseras à tous les câlins qu’on se fera quand on se retrouvera. Encore plus qu’avant !!! « . Pour les ados, leur envoyer un petit SMS avec tout plein d’Emojis lors de ce même moment.

Conclusion

En ce qui concerne l’annonce de la séparation, soyez inventive. Pour communiquer avec l’homme vous pouvez également lui envoyer des SMS ou des e-mails. Car une femme avertie en vaut deux.

Il en est de même pour communiquer au sujet des enfants. Il existe d’ailleurs des petits carnets ou des applications spéciales pour les parents séparés ou divorcés avec des outils incroyables. Vous pouvez ainsi remplir un calendrier à l’avance, par exemple pour faire en sorte que vos enfants soient avec vous le jour de leur anniversaire ou du vôtre (à moins que vous n’ayez décidé de le fêter avec vos nouveaux amis !). Un peu à la manière des documents partagés que vous avez au boulot avec vos collègues. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas grave si vous êtes courageuse mais pas téméraire ! Surtout, ne jamais culpabiliser.

Et maintenant, à vous de jouer. Faites place à votre imagination !

Catherine de VOGHEL, Expert-Psychologue

Voili voilà ! J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à le liker ou le partager. Et si vous avez une question ou une réflexion, écrivez-moi un petit commentaire. Je serai ravie d’y répondre !

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