Souvent témoins silencieux des violences subies par un de leurs parents, les enfants en sont généralement très perturbés. En effet, il arrive que l’enfant présente un ou plusieurs signes de traumatisme. Enurésie (pipi au lit), cauchemars, sursauts, troubles du sommeil, irritabilité, dépression, anxiété… Il convient alors de consulter un professionnel, voire deux : un médecin et un.e psychologue.

L’enfant est victime aussi

Votre petit (ou grand) sera généralement d’autant plus choqué qu’il s’agit de sa maman qui est victime des violences perpétrées par son papa. Car il aime ses deux parents et ne peut pas faire de choix entre eux. Son impuissance à réagir est d’autant plus forte dans ce cas.

Aussi, si vous constatez un changement dans le comportement de votre enfant, il est temps d’agir. Par exemple s’il se colle à vous, s’il pleure ou même hurle souvent « pour un rien », s’il s’isole à l’école, s’il régresse (s’il « fait le bébé »), s’il est difficile avec vous ou d’autres adultes. Il s’agit alors de consulter un.e psychologue ou un.e pédopsychiatre afin de prévenir l’aggravation des symptômes. Un examen psychologique pourra également être utile afin d’établir ou d’exclure un diagnostic de TSPT (trouble de stress post-traumatique).

Mon conjoint est violent avec moi mais ne frappe pas mon enfant : est-il un bon père ?

La réponse est NON, trois fois NON !!! D’après mon expérience en tant que psychologue auprès de nombreux enfants victimes, les conséquences de la violence exercée sur leur maman, que l’enfant y ait assisté ou non, sur le psychisme de l’enfant peuvent être désastreuses. Parfois même, les dégâts sont plus importants lorsqu’on a fait du mal à sa maman que si on lui faisait de mal à lui ! Le père auteur de violences sur la mère en est le premier et le seul responsable.

Lorsqu’il est lui-même la victime directe de la violence physique ou psychologique de son père, l’enfant peut activer un mécanisme appelé résilience. En effet, il peut être capable de surmonter le traumatisme en s’évadant dans un imaginaire, en se concentrant sur ses résultats scolaires, en développant sa force physique et mentale ou d’une autre manière. Par contre, quand il s’agit de sa mère, ce mécanisme ne peut pas s’activer car il ne peut pas contrôler les réactions de celle qu’il aime le plus au monde : VOUS !

Il est donc primordial que VOUS activiez cette résilience chez VOUS en entamant un travail sur les raisons d’être de votre couple et sur vous-même. Et si cela s’avère nécessaire, c’est-à-dire si votre conjoint ne change pas son comportement, peut-être faudra-t-il envisager une séparation ?

Conclusion

Si vous demandez de l’aide dans votre entourage et/ou si vous faites appel à un professionnel, cela vous permettra de surmonter vos propres traumatismes. Et cela évitera à l’enfant de subir les conséquences de la violence que vous subissez vous aussi.

Je précise tout de même qu’il n’y a pas lieu de culpabiliser. Vous n’êtes pas responsable de cette violence, de même que vous n’avez pas choisi de grandir dans telle famille ou de naître avec telle ou telle caractéristique physique. C’est votre conjoint qui est violent, pas vous ! Par contre, vous pouvez réagir et même agir. Gardez bien cela en tête, cela vous donnera la force nécessaire pour surmonter les épreuves. Et cela en pensant non seulement à vous-même mais aussi à vos enfants.

Catherine de VOGHEL, Expert-Psychologue

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