La réponse est OUI : c’est de la violence psychologique ! Vous devez y mettre un terme au plus vite sous peine de voir votre estime de vous-même diminuer de jour en jour. En effet, plus vous allez entendre des termes négatifs à votre propos, plus vous aurez tendance à y croire. Surtout si vous ne réagissez pas de manière à remettre l’autre à sa place…

Il me dit que ce ne sont que des blagues

Ok mais il y a blague et blague. Il y a celles qui font rire par leur côté comique pur et celles qui amusent la galerie au détriment de quelqu’un. Si l’autre essaie de vous convaincre que c’est vous qui êtes susceptible et que vous n’êtes soi-disant pas capable d’auto-dérision, sachez que c’est lui qui a un problème et non vous ! Il peut s’agir d’un sentiment d’infériorité (il se sent inférieur à vous). Votre conjoint peut en effet ne pas supporter que vous soyez objectivement supérieur à lui (par exemple si vous avez un meilleur salaire ou si vous avez fait des études supérieures et pas lui).

Je vous donne un exemple : à table devant des amis ou la famille, il dit : « ma femme a fait l’université mais elle dépense toujours trop. En fait elle ne sait même pas calculer ! (rires) ». Cette remarque a, bien entendu, pour but de vous ridiculiser dans l’espoir que lui se sente mieux. Ce qu’il veut faire croire à son public, c’est que s’il dépense moins que vous cela veut dire qu’il sait mieux calculer. Dans son raisonnement, il serait donc plus intelligent que vous ! Pour les personnes qui, comme lui, ont une analyse du discours qui reste au premier degré, le second degré étant que l’on y trouve un sens caché, ces arguments se tiennent.

Le décalage entre la compréhension du langage au premier degré (pour votre conjoint et certains des convives) et au second degré (pour vous) fait que ce groupe de personne éclatera de rire mais que vous allez vous sentir, à juste titre, humiliée. Par contre, pour celles qui analysent un tant soit peu les remarques, elle y verront de la mesquinerie et l’intention de nuire. L’ennui c’est que si vous êtes la seule à y voir de mauvaises intentions, vous risquez de passer pour une rabat-joie. Afin de ne pas vous sentir différente des autres, il se peut que vous ayez pris le parti de rire. Dans ce cas, cela sera à votre détriment. Si vous-même riez de vous sans y mettre de l’intention, votre estime de soi prendra du plomb dans l’aile.

Il fait comme si je n’étais pas présente dans la pièce

Sachez également que si une personne vous dénigre devant d’autres personnes en parlant de vous à la troisième personne, votre malaise risque d’encore augmenter. Il n’y a rien de pire que de se sentir invisible, inexistante aux yeux des autres. Cela arrive souvent lorsqu’on est enfant. Lors de conversations entre adultes, les parents disent souvent des phrases du style :  » Roh… hier il a été in-fer-nal !  » ou  » Je n’ai qu’une fille mais elle ne m’aide JAMAIS « . Tout cela est dit devant l’enfant, qui a non seulement le sentiment d’être mauvais mais qui aura cette impression de ne pas exister puisqu’on ne s’adresse même pas à lui.

Si ce genre de remarque s’est répétée devant vous lorsque vous étiez petite, cela crée des mini-chocs psychologiques. A l’âge adulte, lorsqu’une autre personne fait de même, nous nous retrouvons dans la même situation. La reviviscence, c’est-à-dire le fait de revivre l’état d’esprit dans lequel nous étions enfant va créer une forme de traumatisme. Si votre réaction, pourtant la plus saine, à ce traumatisme est la colère, votre conjoint risque de vous accuser de « prendre la mouche pour si peu« . Cela donne, à la troisième personne :  » Vous voyez comme elle s’énerve ! Je n’ai pourtant rien dit de grave. Décidément, elle voit le mal partout ! « . De là à vous traiter de paranoïaque, il n’y a qu’un pas…

Aussi, afin d’éviter d’être à nouveau ridiculisée la fois suivante où cela se reproduit, vous risquez soit de rire (de vous-même) avec les autres, soit de ne rien répondre. Ce qui laisse le champ libre au « petit comique » de service ! Et ce qui contribue à vous sentir inférieure, nulle, bête et j’en passe.

Conclusion

Sachez donc que le fait d’être la tête de turc de son conjoint, c’est bel et bien être victime de violence psychologique. Surtout si cela se produit de manière répétée. Dans ce cas, je vous conseille de prendre note des phrases assassines que vous entendez quotidiennement et d’en parler à une personne de confiance, amie ou psychologue. Car le fait de s’entendre dire que ce n’est pas normal vous aidera à garder le cap et à ne pas vous sentir inférieure à votre conjoint. Pour que votre estime de vous-même reste intacte.

Catherine de VOGHEL, Expert-Psychologue

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