Avant de mettre en action la décision de vous séparer, même si vous n’avez plus aucun doute, vous devez veiller à votre sécurité et à celle de vos enfants. Et ce d’autant plus si votre conjoint s’est déjà montré violent. Même s’il a été « uniquement » menaçant et/ou insultant avec vous, le danger potentiel est bien présent. Il s’agit donc de ne pas dévoiler vos intentions au nez et à la barbe de Monsieur. Et ne vous y trompez pas : « préparer votre coup » en douce n’est pas malsain, bien au contraire !

Oui mais par où et par quoi commencer ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le plus important n’est pas l’argent mais la force de votre état d’esprit. Je m’explique. Tant que Monsieur croit qu’il est le plus fort et qu’il est dans son droit, il aura un ascendant sur vous. Par exemple, s’il vous dit qu’il va vous dénoncer aux autorités si vous quittez la maison, il se trompe ! Seul un changement de domicile pourra avoir une conséquence légale. Si vous partez loger chez une amie parce que vous n’en pouvez plus qu’il crie sur vous, c’est votre droit. Même si vous emmenez les enfants avec vous. Nous vivons dans des pays démocratiques dans lesquels nous avons le droit d’aller et venir. Quand bien même, si vous avez un doute concernant vos droits et la Loi, n’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un professionnel : consultez un.e avocat.e. De cette manière vous vous sentirez plus forte ! Le tout est de savoir mesurer la peur que vous ressentez, de faire la part des choses entre la peur issue de la réalité, qui vous protège d’un danger, et la peur irrationnelle, que l’autre induit chez vous mais qui est sans fondement.

Ensuite, faites appel autour de vous afin de savoir qui pourrait vous héberger le temps que vous entamiez les démarches nécessaires pour une séparation officielle. Ainsi vous aurez le champ libre non seulement physiquement mais aussi et surtout psychologiquement. Renseignez-vous pour savoir si vous avez droit à une aide sociale et/ou à une aide juridique. Si vous introduisez une requête pour une séparation par l’intermédiaire de votre avocat, vous pouvez déjà être considérée comme personne isolée ou famille monoparentale. Ce qui signifie également une ouverture pour le droit aux allocations familiales majorées. Pensez-y et profitez-en ! Il n’y a pas de honte à ça. La honte elle est dans le camp adverse, pas dans le vôtre. Pour vous motiver, imaginez un peu la tête que fera Monsieur quand il trouvera votre demande de séparation ou de divorce dans la boîte aux lettres.

Qui fait le malin tombe dans le ravin me direz-vous ? Et bien oui : vous avez raison. Alors à vous de jouer ! Sans oublier la prudence, bien entendu.

Savoir mesurer les risques

En la matière, c’est vous l’experte. Vous êtes celle qui connaît le mieux votre conjoint. Ni la police, ni votre avocate ni même le Juge de la Famille ne seront à même de mesurer les risques pour vous. Il s’agit donc de savoir bien évaluer les conséquences potentielles de vos actions. Votre psychologue peut vous aider à y réfléchir avant toute tentative. Car toute action implique aussi une réaction.

Si Monsieur est un rien provocateur mais est incapable, selon vous, de faire du mal à une mouche par pure couardise, alors allez-y, n’ayez pas peur. Répondez à ses provocations en lui montrant que vous connaissez vos droits et que vous êtes la plus forte.

Par contre, s’il s’est déjà montré physiquement et/ou sexuellement violent avec vous, si vous avez déjà pensé à appeler la Police tant il était agressif et menaçant, alors méfiez-vous ! Votre intérêt et celui de vos enfants serait que vous trouviez d’abord un endroit où vous mettre à l’abri avant de porter plainte contre lui. Malheureusement, la loi est ainsi faite que si vous n’avez pas de preuve, le Juge considérera non seulement votre parole mais aussi celle de votre conjoint. Les chances sont grandes qu’il nie tout ce que vous direz et qu’il vous traite de menteuse voire de folle. Si c’est un manipulateur, il se pourrait qu’il arrive à vous convaincre que c’est vous qui êtes responsable des violences dites « conjugales » donc dues au couple et non à lui seul. Rassurez-vous, il n’en est rien ! Mais si vous êtes convaincue de cela, vous éprouverez beaucoup de difficultés à convaincre les autres du contraire.

Conclusion

Selon la personnalité et les antécédents violents de l’homme, il convient de bien se préparer avant de le quitter concrètement (ou le mettre dehors de chez vous, si vous en avez la possibilité). Un travail psychologique avec un professionnel est parfois nécessaire pour vous aider dans votre réflexion mais aussi dans vos démarches. Réunir des affaires avant de partir (cartes d’identités, passeports pour les enfants et vous-même, documents nécessaires pour les démarches juridiques, matériel de toilette, vêtements de rechange, argent…) et les confier à une amie ou une personne de confiance peut également s’avérer très utile. Si vous le pouvez, faites cela à l’avance et non le jour J. De cette manière, Monsieur ne se doutera de rien. Car il ne se méfie pas de l’eau qui dort ! Alors profitez-en…

Catherine de VOGHEL, Expert-Psychologue

Voili voilà ! J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à le liker ou le partager. Et si vous avez une question ou une réflexion, écrivez-moi un petit commentaire. Je serai ravie d’y répondre !

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